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Obtention de matières premières de qualité pour la production de vin à l’aide de phytomodulateurs

Obtention de matières premières de qualité pour la production de vin à l’aide de phytomodulateurs

16 novembre 2024117

Obtention de matières premières de qualité pour la production de vin à l’aide de phytomodulateurs

La physiologie de la vigne, comme celle de toute autre plante, repose sur deux processus fondamentaux : l’accumulation et le transport. Pour obtenir une matière première de qualité destinée à la production de vin, il est indispensable de maîtriser ces deux mécanismes.

Imaginez une usine en activité permanente. Cette usine, c’est la feuille de vigne. À l’intérieur de celle-ci se déroulent continuellement des processus de synthèse de composés organiques. Pour fonctionner correctement, l’usine doit recevoir des matières premières. Cette mission est assurée par le système racinaire et le système conducteur de la plante.

Si l’absorption des éléments nutritifs par les racines est un sujet bien connu des viticulteurs, le système conducteur reçoit souvent moins d’attention jusqu’à l’apparition de nécroses ou d’autres symptômes visibles. Pourtant, ce système constitue la véritable logistique de la plante : sans lui, les nutriments n’atteignent jamais les feuilles.

Les dysfonctionnements du système conducteur sont plus fréquents qu’on ne le pense et passent souvent inaperçus. Dans la plupart des cas, ils sont causés par l’obstruction des vaisseaux due aux dépôts de sels provenant des fertilisants, aux résidus laissés par les ravageurs ou encore à l’accumulation de substances mucilagineuses provoquées par certaines infections virales ou par une mauvaise préparation de la vigne à l’hivernage.

Afin de prévenir ces phénomènes indésirables, nous avons mis en place un programme de traitements foliaires à base de phytopréparations.

L’un de leurs composants est l’acide salicylique, connu pour sa capacité à limiter l’obstruction des vaisseaux conducteurs. Bien entendu, il ne s’agit pas de sa seule fonction, mais celle-ci joue un rôle important dans le maintien d’une circulation optimale des nutriments.

L’absorption et le transport des éléments nutritifs ne représentent toutefois qu’une partie du processus. Simultanément, la feuille produit des composés organiques issus de la photosynthèse, qui sont soit exportés vers d’autres organes de la plante, soit stockés localement. Ainsi, la feuille agit à la fois comme une usine et comme un entrepôt.

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C’est pourquoi le maintien d’un appareil foliaire sain est essentiel. Plus la surface foliaire est importante et plus les feuilles restent fonctionnelles, plus la plante est capable de produire et d’accumuler des sucres, des composés phénoliques, des acides organiques et des protéines.

L’objectif consiste alors à maintenir un équilibre entre la capacité de stockage de la plante et le niveau de production recherché.

Cette notion est particulièrement importante car, au début de la véraison, les processus d’exportation des assimilats deviennent progressivement dominants. À partir de ce stade, la vigne dépend largement des réserves accumulées auparavant. Si ces réserves sont insuffisantes, il devient difficile d’obtenir une matière première de haute qualité.

En d’autres termes, dans un premier temps nous travaillons pour la feuille, puis la feuille travaille pour nous.

Les produits utilisés dans notre programme contribuent à préserver la santé du feuillage et à maintenir son activité physiologique. Ils contiennent notamment de la chlorophylle prête à l’emploi, particulièrement utile lors des périodes critiques comme la transfusion de sang pour une personne, et des hormones qui stimulent la synthèse naturelle de chlorophylle par la plante elle-même.

Cependant, il convient de rappeler qu’aucune technologie ne peut créer des ressources à partir de rien. Pour que ces méthodes soient réellement efficaces, la vigne doit disposer d’une nutrition équilibrée. Le travail du sol et la gestion de la fertilité restent donc des éléments fondamentaux de la conduite du vignoble.

L’un des défis les plus complexes consiste à préserver le feuillage pendant les périodes de stress. Dans les régions méridionales, le stress hydrique constitue généralement le principal facteur limitant.

L’acide salicylique contribue également à réduire ses effets. Grâce à des mécanismes physiologiques internes, il participe à l’abaissement de la température du suc cellulaire. Par ailleurs, il agit comme agent chélatant en transformant certains composés métalliques potentiellement phytotoxiques accumulés dans les cellules après l’application d’engrais classiques en formes chélatées plus sûres et mieux assimilables par la plante.

Pour renforcer davantage la protection contre le stress thermique, un autre phytopréparat est utilisé. Celui-ci favorise peut épaissir la sève cellulaire et favoriser la formation d’une eau colloïdale à l’intérieur des tissus végétaux. Cette forme d’eau reste disponible pour les réactions métaboliques tout en limitant les pertes par évaporation.

En complément, ce produit contribue également à réduire la dégradation des acides organiques sous l’effet des températures élevées.

À cette étape se déroule également un deuxième processus d’une importance capitale : la formation de la future récolte.

À la fin de la floraison, il est essentiel d’assurer la formation du plus grand nombre possible de cellules dans les futures baies. Une fois cette période passée, il n’est plus possible d’augmenter leur nombre ; seules les cellules déjà formées pourront encore s’agrandir.

Les pépins représentent le principal moyen de reproduction de la vigne. Comme toute plante, celle-ci cherche naturellement à leur fournir tout ce qui est nécessaire à leur développement.

Les produits utilisés dans notre programme reposent sur quatre composants clés : le bore, le calcium, le silicium et les phytoauxines.

Le calcium agit comme un élément déclencheur indispensable. Chaque cellule doit recevoir au moins une quantité minimale de calcium afin d’assurer une répartition homogène dans les tissus. Par ailleurs, le calcium contribue à la résistance de la peau des baies, à leur coloration ainsi qu’à l’uniformité de leur maturation.

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Les phytoauxines et le bore jouent le rôle de véritables locomotives physiologiques. Ils orientent les flux de nutriments vers les zones de croissance active : les grappes en développement, les extrémités des pousses avant la formation de la récolte ou encore les points de croissance du système racinaire.

Le silicium, tout comme le calcium, agit comme un mécanisme de sécurité. En cas d’insuffisance de bore ou d’auxines, il peut partiellement prendre le relais et maintenir l’orientation des flux nutritifs vers les organes prioritaires.

Afin de suivre l’état physiologique des plantes, nous réalisons régulièrement des analyses dans le vignoble en évaluant l’évolution de la matière sèche dans les feuilles et les baies.

À partir de la nouaison, les processus de transfert des assimilats s’intensifient progressivement et deviennent dominants au début de la véraison. À ce stade, la teneur en matière sèche des feuilles doit diminuer progressivement tandis que celle des baies augmente.

L’ensemble des réserves accumulées dans les feuilles doit être transféré vers les organes reproducteurs. En réalité, ces flux sont principalement dirigés vers les pépins. C’est pourquoi le nombre et la taille des pépins permettent déjà d’évaluer le potentiel qualitatif futur du raisin destiné à la vinification.

Durant cette même période, une fenêtre d’intervention extrêmement courte apparaît pour agir sur la synthèse des composés phénoliques. Cette période ne dépasse généralement pas une semaine. Une intervention réalisée trop tôt ou trop tard perd une grande partie de son efficacité.

Pour cette raison, nous utilisons des phytopréparations spécifiques contenant, en plus des composants précédemment mentionnés, un complexe complémentaire d’oligo-éléments et de régulateurs physiologiques favorisant la formation des composés aromatiques et gustatifs.

Grâce à ces interventions, la qualité future du vin se construit directement sur la vigne. En stimulant simultanément le système conducteur et les mécanismes de transfert vers les pépins, il devient possible de mobiliser au maximum les réserves accumulées dans les feuilles vers les grappes.

Par la suite, l’objectif consiste à maintenir ce flux de transfert aussi efficacement que possible. Cela ne signifie cependant pas qu’il faille abandonner la protection du feuillage. Au contraire, plus les feuilles restent actives longtemps, plus elles produisent de composés utiles et plus la concentration en composés phénoliques des baies augmente.

C’est pourquoi il est essentiel de préserver le feuillage jusqu’à la fin du cycle végétatif.

Après la récolte, les traitements ne sont pas interrompus. Les feuilles fortement sollicitées durant la saison possèdent souvent des réserves limitées alors même que la période hivernale approche.

Les sucres sont indispensables à une bonne résistance au froid, à la maturation du bois, au remplissage des bourgeons et à leur conservation pendant l’hiver.

Avant la chute des feuilles, nous réalisons donc deux traitements complémentaires : le premier vise à restaurer l’activité des chloroplastes, tandis que le second favorise le transfert complet des sucres depuis les feuilles vers le bois, les bourgeons et le système racinaire.

Ces deux applications peuvent être réalisées simultanément dans un même mélange de cuve ou séparément selon l’état physiologique des plantes. Lorsque les vignes sont fortement affaiblies, il est préférable de les dissocier. Si les réserves sont suffisantes, une application combinée est généralement possible.

Comme toujours, les décisions doivent être prises sur la base d’analyses et de diagnostics. Une simple observation visuelle ne permet pas d’évaluer précisément ces paramètres.

Grâce à cette stratégie, nous avons réussi en une seule saison à corriger plusieurs déséquilibres nutritionnels, à améliorer la qualité des baies et à réduire la phytotoxicité liée au sodium, facteur susceptible d’altérer également la qualité des vins.

Il convient également de souligner un autre rôle majeur de ces préparations : le renforcement du système immunitaire de la plante.

Face aux maladies virales, la plante ne peut compter que sur ses propres mécanismes de défense. À ce jour, aucun produit n’est capable d’éliminer complètement les virus présents dans les tissus végétaux.

Les phytohormones utilisées dans cette gamme sont extraites de matières premières végétales et non synthétisées chimiquement. Elles agissent donc de manière comparable aux hormones naturellement produites par la plante elle-même.

Sans provoquer de phytotoxicité ni de perturbations hormonales, elles participent à l’activation de protéines marqueuses permettant d’identifier les cellules infectées par les virus et de déclencher leur élimination.

Intégrées à une stratégie globale de gestion des maladies virales, ces substances contribuent à améliorer significativement l’état général du vignoble et à maintenir durablement sa productivité.

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